Tous les jours, nous sommes confronté·e·s à une montée croissante de la haine de l’autre et du racisme sous toutes ses formes.

C’est pourquoi nous, associations et institutions de l’action commune, avons décidé de faire campagne ensemble afin de dénoncer les dérives de la politique migratoire belge menée par le gouvernement fédéral de droite extrême.

Nous poursuivons un double objectif :

  • Soutenir publiquement les citoyen·ne·s qui, par leur solidarité, soutiennent et viennent en aide à ces hommes, femmes et enfants dont le seul crime est souvent d’avoir cherché un endroit sûr où un avenir est possible ;
  • Inciter tous ceux et toutes celles qui le souhaitent à marquer leur opposition à la politique migratoire belge en s’impliquant dans une des nombreuses initiatives citoyennes ou associatives de soutien aux migrant·e·s, réfugié·e·s ou sans-papiers. Vous trouverez ci-dessous une liste non-exhaustive de ces initiatives.

Début 2018

Une proposition de loi sur les visites domiciliaires est déposée sur la table du parlement. Ce texte autoriserait des perquisitions au domicile d’étrangers sous le coup d’une décision de quitter le territoire ou au domicile de tiers qui les hébergeraient.

Vendredi 9 février

Des sans-papiers sont arrêtés dans les locaux de Globe Aroma, une association culturelle qui promeut des rencontres artistiques entre Belges et migrants.

Jeudi 17 mai

La police fait feu afin de tenter d’arrêter une camionnette à bord de laquelle se trouvent des migrants. Une balle tue Mawda, une petite fille de deux ans.

Mardi 5 juin

En marge d’une réunion des ministres en charge des affaires migratoires à Luxembourg, Theo Francken veut contourner l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme afin de pouvoir renvoyer des bateaux de migrants vers leur lieu d’origine. L’article 3, c’est celui qui stipule que nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants.

Dimanche 10 juin

Le navire humanitaire Aquarius sauve la vie de 630 migrants au large de la Libye. Face à eux, l’Italie et Malte ne veulent pas endosser la responsabilité de ce sauvetage et refusent d’ouvrir leur port. Le navire devra attendre une semaine en mer et sera finalement accueilli le 17 juin, au port de Valence, en Espagne.

Mardi 19 juin

Un migrant est retrouvé mort sous un bus partant de la gare de Bruxelles Nord vers Calais.

Vendredi 29 juin

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se mettent d’accord sur un renforcement des frontières extérieures de l’Union, de créer dans des pays (africains) tiers des « plateformes de débarquement » distinguant les migrants économiques des personnes qui peuvent prétendre à l’asile et, finalement, de limiter les déplacements de migrants entre pays de l’Union européenne.

Mardi 14 août

le 14 août à 6 heures du matin, la police sonne à la porte d’une maison à Zwijndrecht, près d’Anvers, et y arrête une mère de 24 ans avec ses quatre enfants âgés de 1, 3, 5 et 6 ans. La mère, une femme rom de nationalité serbe mais originaire du Kosovo, était encore mineure lorsqu’elle est arrivée en Belgique il y a huit ans. Les enfants sont nés ici, n’ont jamais mis les pieds en Serbie et ne parlent que le néerlandais et le romani.

Jeudi 6 septembre

Ouverture du procès des onze accusés à devoir répondre de trafic des êtres humains et association criminelle. Parmi ces onze, 4 citoyen•ne•s hébergeur•euse•s dont 2 journalistes de la presse belge. Ils•elles reconnaissent avoir aidé des migrant•e•s à rejoindre l’Angleterre mais réfutent l’idée selon laquelle ils•elles l’auraient fait pour en tirer un profit financier. De nombreuses associations et personnalités dénoncent ce procès de la solidarité.

Mercredi 19
septembre

Il y aura tout juste 20 ans, la jeune demandeuse d’asile nigériane, Semira Adamu, est morte étouffée par un coussin lors d’un rapatriement forcé alors qu’elle était escortée par cinq gendarmes. Son décès a provoqué dans notre pays un véritable « traumatisme collectif« , reconnaîtra des années plus tard le ministre de l’Intérieur actuel Jan Jambon (N-VA). À la suite du décès de Semira Adamu, la politique de retour – censée être le moyen ultime de la politique d’asile – fut déclarée défaillante.

Dimanche 7 septembre

Quatre familles – membres de la plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés – qui hébergent des migrants ont été la cible de perquisitions de police ce dimanche 7 octobre entre 7h et 9h du matin à Bruxelles et en Wallonie. 2 hébergeur•euse•s et onze hébergé•e•s  ont été privé de liberté. Les 2 hébergeur•eues•s ont été relâché•e•s le jour même. La répression de la solidarité se poursuit même si officiellement les autorités disent lutter contre la traite d’êtres humains.

Samedi 22 septembre

Un·e migrant·e sur quatre a déjà été victime de violences policières en Belgique. C’est ce que révèle un rapport établi par Médecins du Monde en collaboration avec le comité P, des chefs de corps de différentes polices locales et Myria (le centre fédéral Migration).

Mardi 9 octobre

Un migrant d’origine érythréenne, détenu au centre fermé de Vottem, se suicide. Selon un communiqué signé par Médecins du Monde, le Ciré, le CNCD 11.11.11, la Ligue des droits de l’homme, le CRAPCE, le CRER et la Plateforme de soutien aux réfugiés, l’homme souffrait beaucoup de sa mise en détention.

Dimanche 7 octobre

Oumar Traoré, joueur guinéen du club de football de Saint-Symphorien, est interpellé de manière impressionnante lors d’un contrôle mené au sein des installations du terrain de football du Sans Fond, à Braine-le-Comte. Il est placé sous détention au centre fermé de Vottem. Il serait en situation illégale et a dès lors été menacé d’expulsion. Il finira par être libéré le vendredi 19 octobre.

Lundi 22 octobre

A Esneux, Sarah Kaba et ses deux enfants, Mohamed (8 ans) et Aïchatou (5 ans) reçoivent un ordre de quitter le territoire. Ils doivent tous trois retourner en Côte d’Ivoire. Cette mère de famille avait quitté son pays en 2014 afin de protéger sa fille de mutilations génitales. Une importante mobilisation citoyenne se met en place dans la commune afin d’empêcher cette expulsion. La famille n’a pas encore été fixée sur son sort.

Face à ces faits d’actualité pour le moins interpellants, Présence et Action Culturelles (PAC), la FGTB Wallonne, la FGTB Bruxelles, le Centre d’Education Populaire André Genot (CEPAG), la Centrale Culturelle Bruxelloise (CCB), les Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS), Latitude Jeunes, Espace Seniors, l’Association Socialiste de la Personne Handicapée (ASPH) et la Fédération des Centres de Planning familial des FPS ont décidé de lancer ensemble la campagne « La solidarité n’est pas un crime ».

Cette campagne s’inscrit dans le long terme pour réclamer une politique migratoire plus juste en Europe.

A la veille des élections européennes et fédérales, il s’agit là d’une belle opportunité afin de mettre en place un rapport de force en vue d’un changement radical de la politique migratoire chez nous et en Europe.

Je signe l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE)

Cette pétition a pour but de de forcer l’Europe à traiter de la justice migratoire.

Je me bouge !

Je m'implique près de chez moi !

Il existe une multitude d’initiatives locales qui viennent en aide aux réfugiés et aux sans-papier. Groupe local d’hébergeur•euse•s, collecte locale de vêtements ou de denrées alimentaires, parrainage, centre d’accueil, permanence sociale…

Je me bouge !

Je fais un don de 2.50€ pour un repas

Tout don de 2.50€ permet à l’association « 2.50€ » d’offrir un repas équilibré à un·e réfugié·e actuellement pourchassé·e partout dans Bruxelles, mais surtout autour de la Gare du Nord et du parc Maximilien.

Je me bouge !

Je vérifie que ma commune est hospitalière

Une commune hospitalière est une commune qui, par le vote d’une motion, s’engage à améliorer l’information et l’accueil des personnes migrantes, quel que soit leur statut. Si ma commune n’est pas encore hospitalière, je l’invite à le devenir en utilisant ce courrier

Je me bouge !

J'accroche une bâche « Espace Solidaire » devant mon association

Bâche de 1m x 3m, visible ici. Pour toute commande, veuillez nous contacter en envoyant un courriel à contact@espacesolidaire.be

Je me bouge !

Je contribue au Growfunding de Solidarity is not a Crime

Des migrants et des hébergeurs.es. sont poursuivi.e.s pour trafic d’êtres humains et participation à une organisation criminelle. Soutenez-les pour répondre aux frais engendrés par ces poursuites et dites ainsi non à la criminalisation de la solidarité.

Je me bouge !

Je soutiens les actions de la Coordination des sans-papiers de Belgique

La coordination des sans papiers est un réseau autonome de tous les collectifs sans papiers en lutte actuellement à Bruxelles/en Belgique. Le but de la coordination est de soutenir les actions indépendantes de chaque groupe et de faire des actions en commun.

Je me bouge !

J’affiche de manière visible que je suis une personne hébergeur·euse de migrant·e·s

… ou je souhaite désinformer les autorités qui voudraient effectuer une intrusion dans mon association ou mon domicile, en affichant un autocollant « Je suis hébergeur de migrants ».

Je me bouge !

Je soutiens les actions de la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés

La Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés veut construire une solidarité concrète avec tou.te.s les migrant.e.s. Elle dénonce et veut combattre les politiques migratoires belges et européennes actuelles et rappelle que le droit de vivre dans la dignité appartient à tou.te.s.

Je me bouge !

Je souhaite devenir hébergeur·euse de migrant·e

Si vous souhaitez rejoindre le nombre grandissant de familles qui accueillent des personnes abandonnées de toutes et tous, sauf de vous, vous pouvez rejoindre le groupe Facebook et/ou contacter Adriana au +32 492 402 984.

Je me bouge !
Cette campagne poursuit en outre les mêmes perspectives  qu’ « Espace Solidaire », une campagne lancée suite aux rafles survenues en mars dernier dans les locaux de l’association Globe Aroma. Une importante descente policière y avait eu lieu afin d’y interpeller des personnes en défaut de papiers valides. Au même titre que 100 autres associations du pays (culturelles, sociales, syndicales, d’éducation permanente), nous revendiquons donc que :
  • L’espace de nos associations soit un espace solidaire, où chacun·e puisse trouver protection, soutien, dignité, sens, aide et écoute… Des conditions nécessaires afin de créer un climat de confiance, sans lequel nous ne pourrions exercer nos missions et qui ne peut être brisé par des interventions policières et des contrôles d’identité

     

  • L’espace de nos habitations soit un espace solidaire, où l’habitant·e ne soit par forcé·e de choisir entre la solidarité ou la tranquillité. L’inviolabilité du domicile consacré par l’article 15 de notre Constitution et le droit au respect de la vie privée ne peuvent être contournés pour ce genre de motifs

     

  • L’espace de nos associations ne puisse pas être arbitrairement occupé avec ruse par les forces de l’ordre. Les lieux culturels doivent rester des lieux protégés de toute intervention arbitraire n’ayant aucun lien avec les règles légales et administratives auxquelles sont soumises les associations

     

  • L’espace de nos associations et de nos habitations puisse rester un lieu de résistance face à la répression qui s’abat sur les sans-papiers, leur permettant dès lors d’éviter la clandestinité et la surexploitation

     

  • Le projet de loi autorisant l’intrusion des forces de l’ordre dans les habitations afin de traquer les migrant·e·s ayant reçu un ordre de quitter le territoire soit simplement retiré et abandonné.

     

Il est bon aussi de rappeler que la lutte et la solidarité finissent par payer !

  Des sans papiers ont été libéré suite aux mobilisations associatives et syndicales: Issiaka Kere, Mounir Tahir, Jiyed Cheike.

√  La loi sur les visites domiciliaire a été mise au frigo

  Des centaines de migrants sont accueillis grâce à la Plateforme, …

  En France, la Cour Constitutionnelle rappelle la valeur de fraternité face à la volonté de l’Etat de criminaliser les hébergeur•eues•s.

Participer à cette campagne, c’est aller vers plus de victoires. Ensemble.

 – Les partenaires de la campagnes –

– Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles –